Publié le 20 août 2026 · Matériaux
Carreaux de ciment dans une ferme rénovée de la Broye
Une grange transformée en séjour, une ancienne cuisine de ferme, un corridor à voûte : le carreau de ciment y est superbe. Il est aussi tendre, poreux, lourd et capricieux. Voilà ce qu'il faut savoir avant de commander la palette, et pourquoi ce n'est pas un carrelage comme les autres.
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Ce qu'est un carreau de ciment, et ce qu'il n'est pas
Ce n'est pas de la céramique. Il n'a jamais vu le four.
On coule des pigments mélangés à du ciment blanc dans un petit moule à cloisons, on ajoute par-dessus une couche de mortier plus grossier, on presse très fort, et on laisse durcir dans l'eau. Le motif n'est pas imprimé : il traverse les premiers millimètres du carreau. C'est pour cela qu'il ne s'efface pas au passage.
Cette fabrication explique tout le reste. Le carreau est épais, souvent 16 à 20 mm. Il est lourd. Il est poreux, comme un pavé de béton. Et il n'est jamais parfaitement calibré : deux carreaux de la même boîte peuvent différer d'un millimètre.
On en retrouve régulièrement dans les entrées et les corridors des maisons de village construites entre 1900 et 1950. Beaucoup ont cent ans et sont encore là, patinés, un peu creusés au milieu du passage. C'est le meilleur argument qu'on puisse leur donner.
Le vrai sujet dans une ferme : le support
Une ferme de la Broye, ce sont des planchers en bois, des dalles anciennes irrégulières et des niveaux qui ne se rejoignent pas.
Comptez une quarantaine de kilos par mètre carré une fois le carreau posé avec sa colle. Sur 20 m² de séjour, cela fait presque une tonne. Un plancher de grange n'est pas toujours prévu pour ça, et c'est la première chose qu'un professionnel regarde, avant même de parler motifs.
Un plancher en bois bouge, aussi. Il travaille avec l'humidité et il fléchit sous les pas. Un carreau rigide posé dessus finit par se fendre au milieu, ou par lâcher ses joints. La solution habituelle consiste à créer un support stable et désolidarisé du bois — une chape sèche sur plaques, par exemple, qui a l'avantage de ne pas ajouter d'eau au chantier.
Sur une dalle ancienne en revanche, le travail ressemble à n'importe quelle rénovation : on mesure les creux à la règle de 2 m, on ragrée si nécessaire, et on pose. La question du poids ne se pose plus.
Vingt millimètres de carreau plus la colle, cela fait presque 3 cm de sol en plus. Dans une ferme, où les portes anciennes sont souvent déjà basses et les seuils irréguliers, ce détail devient le point dur du projet. Mesurez avant de commander.
La pose, carreau par carreau
Trois différences avec un grès cérame, et chacune coûte du temps.
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Le tri et le mélange
Les teintes varient d'une fournée à l'autre. On ouvre toutes les boîtes, on étale les carreaux à sec dans la pièce, on mélange les nuances. Si on pose boîte après boîte, on obtient des bandes de couleur qui sautent aux yeux.
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Le trempage
Le carreau est poreux : posé sec, il boit l'eau de la colle et la colle ne prend plus. Beaucoup de poseurs humidifient les carreaux avant, selon les indications du fabricant.
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Le traitement avant les joints
C'est l'étape qu'on ne rattrape pas. Un premier hydrofuge s'applique avant le jointoiement, sinon le mortier de joint tache la surface poreuse de façon définitive.
Ajoutez à cela des joints très fins, un calepinage à préparer sur plan quand il y a un motif central ou une frise, et des découpes qui se font à l'eau, lentement. On comprend alors la fourchette de prix.
Ce que cela coûte
La pose seule se situe entre 70 et 160 CHF/m² en Suisse romande, contre 40 à 120 CHF/m² pour un carrelage courant.
- Le surcoût de pose vient du temps : tri, trempage, pose à l'unité, double traitement.
- Le prix des carreaux s'ajoute et varie énormément selon le motif, du plus sobre au plus travaillé.
- La préparation du support est souvent le poste le plus lourd dans une ferme, et le plus difficile à chiffrer avant la visite.
- L'entretien revient tous les deux à trois ans : un produit, une serpillière, une demi-journée.
Le détail des postes d'un devis figure sur notre page prix du carrelage au m².
Vivre avec, une fois posé
Un carreau de ciment ne se comporte pas comme un carrelage moderne, et il vaut mieux le savoir avant qu'après.
Il craint l'acide. Le vinaigre, le jus de citron, un détartrant renversé laissent une tache claire en quelques minutes, et cette tache reste. Le nettoyage se fait au savon neutre, à l'eau claire, sans produit agressif.
Il se patine. Les couleurs s'adoucissent, la surface prend un léger satiné au fil des passages, et de petites variations apparaissent. Certains appellent cela un défaut, d'autres achètent le carreau précisément pour ça. C'est un choix à faire les yeux ouverts.
Et l'humidité doit pouvoir sortir. Dans une ferme, il est fréquent que la dalle du rez soit en contact direct avec le terrain. Un sol poreux posé là-dessus fera remonter les sels et blanchira. Avant tout projet de ce type, on regarde d'où vient l'humidité, pas seulement où elle apparaît.
Si l'idée vous plaît mais que le mode d'emploi vous refroidit, il existe des grès cérame qui reprennent ces motifs en version cuite, non poreuse et sans entretien particulier — voir carrelage imitation pierre et marbre. Ce n'est pas la même chose de près. À trois mètres, la différence tient à peu.
Et si les carreaux d'origine sont encore là
Cela arrive plus souvent qu'on ne croit, sous un lino posé dans les années 1970.
Un sol ancien en carreaux de ciment, même terne et taché, mérite un avis avant la benne. Un ponçage léger suivi d'un nouveau traitement redonne parfois un sol entier pour une fraction du prix d'une pose neuve. Les carreaux cassés se remplacent à l'unité, à condition de trouver le motif — les chineurs et les récupérateurs de matériaux en gardent.
Dans les maisons de village d'Avenches et des communes voisines, ce type de sol se retrouve régulièrement dans les corridors et les entrées. Cette logique de rénovation plutôt que de démolition vaut d'ailleurs pour bien d'autres carrelages : nous la détaillons sur la page rénovation sans démolition.
Questions fréquentes
Les carreaux de ciment sont-ils fragiles ?
Ils sont solides sous le pied, mais tendres en surface et poreux. Ils ne sont pas cuits comme un grès cérame : ce sont des carreaux pressés, teintés dans la masse sur quelques millimètres. Ils craignent l'acide, pas le passage. Un jus de citron ou un détartrant renversé laisse une tache claire en quelques minutes, et cette tache ne part pas.
Faut-il traiter des carreaux de ciment, et quand ?
Oui, et le moment compte autant que le produit. On applique un premier traitement hydrofuge avant de faire les joints, sinon le mortier de joint tache la surface poreuse et le mal est fait. On repasse un traitement après, une fois tout sec. Ensuite, un entretien tous les deux ou trois ans selon le passage.
Combien coûte la pose de carreaux de ciment ?
En Suisse romande, comptez 70 à 160 CHF/m² pour la pose seule, contre 40 à 120 CHF/m² pour un carrelage courant. La différence tient au temps : les carreaux sont irréguliers, il faut les trier, les tremper, les poser un à un et traiter la surface à deux reprises. Le prix des carreaux eux-mêmes s'ajoute et varie beaucoup selon le motif.
Peut-on poser des carreaux de ciment sur un plancher en bois ?
Pas directement. Un plancher de ferme bouge, et ces carreaux sont épais et lourds : comptez une quarantaine de kilos par mètre carré posé. Il faut d'abord vérifier la portance du plancher, puis créer un support stable et désolidarisé, souvent une chape sèche sur plaques. C'est la partie du chantier qu'il ne faut pas improviser.
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